Insertion professionnelle et entrepreneuriat des jeunes ruraux : la Confédération paysanne du Faso mise sur l’économie verte 

Dans le cadre du projet « Promotion de l’employabilité des jeunes ruraux dans les métiers et professions ASPHF et l’accès des jeunes ruraux aux différentes offres de formation professionnelle et aux financements adaptés aux réalités du domaine ASPHF », la Confédération paysanne du Faso (CPF), avec l’appui financier et technique de l’ONG Humundi, a organisé une session d’information et de renforcement de capacités à l’intention de ses acteurs internes et de ses partenaires engagés dans l’employabilité des jeunes. La formation, axée sur les enjeux et opportunités de l’économie verte, s’est tenue le vendredi 7 novembre 2025 à Ouagadougou.

De Cédric BOLOUVI

La Confédération paysanne du Faso (CPF), est soucieuse de promouvoir une employabilité durable et inclusive des jeunes ruraux, tout en contribuant à la résilience climatique et à la durabilité des systèmes de production agricoles et pastoraux. C’est dans cette optique, que la CPF, en collaboration avec la Direction Générale de l’Économie Verte et du Changement climatique du ministère en charge de l’Environnement, a initié une session d’information et de renforcement de capacité à l’intention de ses acteurs internes et de ses partenaires œuvrant pour l’employabilité des jeunes, afin de renforcer leurs connaissances sur les enjeux et opportunités de l’économie verte. Ladite activité a eu lieu le vendredi 7 novembre 2025, à Ouagadougou.

Deux modules étaient au programme, « Fondements et concepts de l’entrepreneuriat vert » et « Élaboration d’un plan d’affaires vert », suivis d’échanges et d’exercices pratiques.

La formation a été assurée par la cheffe de service Entrepreneuriat et investissements verts, Rihanata Sawadogo, assistée de son collègue Boukary Ouattara. Les formateurs ont rappelé que l’économie verte constitue une voie privilégiée pour créer des emplois décents et respectueux de l’environnement. Ils ont expliqué que les métiers verts sont des activités à vocation environnementale destinées à prévenir, maîtriser, mesurer ou corriger les impacts négatifs des activités humaines sur la nature. Selon eux, des opportunités émergent notamment dans l’agroécologie, la gestion durable des ressources naturelles, les énergies renouvelables ou encore la valorisation des déchets.

Pour Jean Noël Désiré Kalwoulé, chargé de projet à la CPF, les métiers verts sont désormais un secteur émergent et stratégique au Burkina Faso. « Il était nécessaire de mettre les jeunes ruraux dont nous avons la charge au diapason des nouveaux concepts liés à l’économie verte, aux métiers verts et aux métiers verdissants », a-t-il expliqué.

Jean Noël Désiré Kalwoulé, chargé de projet à la CPF s’est réjoui de la qualité des échanges

Selon M. Kalwoulé, les appels à projets liés à l’économie verte se multiplient, ce qui exige une bonne maîtrise des concepts pour que les jeunes puissent saisir les opportunités, notamment dans l’agriculture et l’élevage qui occupent une grande partie de la population. « La formation vise donc à renforcer leurs compétences afin d’être crédibles auprès des partenaires, de plus en plus exigeants sur les initiatives vertes », a-t-il confié. Il a souligné aussi que les pratiques comme l’usage abusif de pesticides montrent l’urgence de promouvoir des entreprises respectueuses de l’environnement.

 Le chargé de projet a également interpellé les jeunes confrontés au manque d’emploi, les invitant à s’orienter vers l’entrepreneuriat vert, qui offre de nombreuses perspectives. « Que ce soit dans le traitement des déchets, la production ou la transformation, les opportunités sont réelles et les dispositifs d’accompagnement existent. La Fondation Tony Emeloudi, par exemple, soutient chaque année la création d’entreprises vertes. Au Burkina, près de 378 jeunes ont déjà bénéficié de ces subventions, pour un montant global avoisinant 480 millions de francs CFA injectés pour encourager l’entrepreneuriat vert », a-t-il précisé.

« Au niveau de la Direction générale de l’économie verte comme chez nos différents partenaires, les opportunités sont là. Il suffit que les jeunes s’y intéressent. Les perspectives sont vraiment porteuses », a-t-il conclu.

Une vue partielle des participants

 

Ali Tidiane Ky, est producteur agricole, il a estimé que cette session d’information est opportune, car l’économie verte constitue un enjeu d’actualité pour préserver les ressources au profit des générations futures. Selon lui, eux participants, ont pu acquérir les bases nécessaires pour élaborer un plan d’affaires, un outil indispensable pour toute activité agricole. Il a encouragé les jeunes à s’investir davantage dans l’agriculture, rappelant que devenir agriculteur dépend de préparation et de méthode, notamment grâce à une bonne planification. Il a déploré toutefois que la jeunesse soit souvent attirée par l’orpaillage en raison de gains rapides, faute de n’avoir pas été sensibilisée dès le bas âge à la valeur et aux opportunités de l’agriculture. Pour lui, si l’on initie tôt les jeunes aux métiers de la terre, ils comprendront que « la terre ne ment pas » et qu’elle peut offrir des conditions de vie durables lorsqu’on l’investit correctement.

La rencontre a rassemblé le Bureau exécutif et les commissions techniques du Collège des jeunes de la CPF, des représentants de YouthConnekt Burkina Faso, des membres de la synergie SIA ainsi que des experts du ministère en charge de l’Environnement, qui ont assuré l’animation de la session.