Assainissement du secteur vétérinaire et sécurité sanitaire : le ministère dresse le bilan 2025 et annonce les couleurs de 2026
Le mardi 17 février 2026, le Directeur général des Services vétérinaires (DGSV), le Capitaine Aboubacar Nacro, a animé une conférence de presse à Ouagadougou. Une rencontre avec les médias qui a permis de faire le point sur les actions menées en 2025 dans le cadre de l’assainissement du domaine des médicaments vétérinaires et du renforcement de la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale.
Selon le Directeur général, le Capitaine Aboubacar Nacro, le bilan de l’année 2025 affiche une évolution significative par rapport aux années précédentes, notamment en matière de contrôle de la qualité des médicaments vétérinaires, de leur circulation — importation, distribution, vente et utilisation — ainsi que de la surveillance des établissements pharmaceutiques vétérinaires. Ces actions, a-t-il souligné, contribuent efficacement à la lutte contre la fraude et la contrefaçon.
En 2025, 108 établissements (cabinets de soins, cliniques, pharmacies vétérinaires et grossistes) ont été contrôlés, contre 72 en 2023 et 105 en 2024.

À l’issue de ces inspections, trois structures jugées non conformes ont été fermées : deux cliniques et pharmacies vétérinaires à Bobo-Dioulasso, ainsi qu’un établissement de vente en gros à Ouagadougou. « À ce jour, 362 établissements vétérinaires sont officiellement autorisés sur le territoire national. Leur annuaire sera publié dans les prochains jours sur les canaux officiels du ministère et de ses partenaires », a précisé le Capitaine NACRO.
Une lutte renforcée contre les médicaments de mauvaise qualité
La Direction générale des Services vétérinaires a également intensifié la répression contre les médicaments vétérinaires frauduleux ou de qualité douteuse.
En 2025, huit opérations de grande envergure ont été menées, contre seulement deux en 2023 et en 2024. Ces interventions ont concerné plusieurs régions, notamment le Bankui, le Nakambé, le Tannouyan, le Guiriko et le Kadiogo.
Dans la région du Kadiogo, une opération conduite au marché de Sankar-Yaaré a permis la saisie et la destruction de plus de 36 tonnes de produits vétérinaires impropres, contre 5 tonnes en 2023 et 2 tonnes en 2024.

Dans le cadre de la lutte contre la commercialisation de denrées alimentaires impropres à la consommation, plusieurs opérations ont également été conduites, entraînant la fermeture de structures non conformes.
Au total, 559 établissements ont été contrôlés et 180 autorisations provisoires délivrées. Ces actions ont permis de retirer près de 10 tonnes d’aliments pour animaux de mauvaise qualité, estimées à environ 6 millions de francs CFA.
Par ailleurs, 250 kg de produits laitiers ont été saisis lors d’opérations lancées pour la première fois en 2025.
Le contrôle des produits halieutiques a, quant à lui, conduit à la saisie de 219,44 tonnes de poissons impropres à la consommation, pour une valeur estimée à plus de 250 millions de francs CFA. Il s’agissait principalement de poissons frais ou congelés mal conservés ou importés dans des conditions inappropriées.
À titre comparatif, 20 tonnes avaient été saisies en 2023 et 71,9 tonnes en 2024. Sur instruction du Ministre d’État, les produits saisis en 2025 ont été transformés en engrais et réutilisés dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025.
Répression des abattages clandestins et protection de la filière avicole. Les contrôles ont également été renforcés dans les boucheries et charcuteries, notamment pour lutter contre les abattages clandestins.
En 2025, 67 tonnes de viande impropre ont été retirées de la consommation humaine, contre 9 tonnes en 2023 et 1,6 tonne en 2024. La valeur des saisies est estimée à environ 167,5 millions de francs CFA.
Dans le même temps, 146 220 œufs de consommation ont été saisis, représentant un montant de plus de 18 millions de francs CFA, contre 98 160 œufs en 2024. Tous les produits aviaires saisis ont été transformés en engrais.

Pour protéger la filière avicole nationale, un accent particulier a été mis sur le contrôle des importations de poussins d’un jour. Ainsi, 135 750 poussins importés frauduleusement ont été saisis et détruits, pour une valeur estimée à 81 millions de francs CFA, contre 19 000 en 2024.
Pour 2026, Capitaine NACRO et son équipe vont encore retrousser les manches et même mieux. « Les opérations de contrôle, de surveillance et de répression se poursuivront et seront intensifiées tout au long de l’année 2026», a-t-il déclaré.
